
L’âge de survenue de l’anorexie connaît deux pics, l’un à 13-14 ans et l’autre vers 17-19 ans. L’anorexie commence presque toujours par un régime banal. Il faut s’intéresser à ce qui motive l’adolescente à faire un régime (seulement 1 garçon sur 9 filles est anorexique) et plusieurs phases se succèdent :
L’entourage familial et social complimentent l’adolescente pour ses efforts. Celle-ci développe des stratégies actives pour lutter contre la faim. Elle manifeste une hyperactivité intellectuelle et physique, jour et nuit, sans répit. Elle éprouve un exaltant sentiment de maîtrise de contrôle. Elle est fière de son apparence corporelle, du triomphe de sa volonté sur la faim et le corps. Elle se sent légère et pure. Elle a le sentiment de tout maîtriser, contrairement à avant, d’exister. C’est l’ambivalence « risquer la mort pour pouvoir vivre ». L’aménorrhée (arrêt des règles) est un signe qui peut également alerter : dans un cas de dénutrition le fonctionnement physiologique du corps est fortement perturbé. La personne est dans le déni de ce trouble compulsif alimentaire. Mais l’insatisfaction corporelle persistante et l’apparition de la fatigue viennent remettre en question ce sentiment de satisfaction.
Plus l’amaigrissement s’aggrave, plus s’accroissent les peurs d’être grosse et de grossir et plus l’adolescente renforce ses prescriptions alimentaires. Les activités se restreignent et tout se centre sur l’amaigrissement. L’anorexique ne sort plus, ne voit plus personne, se replie sur elle-même, est dans une incapacité de penser. L’anxiété généralisée, la phobie sociale, la dépression sont les troubles les plus fréquents. Les idées de mort et de suicide sont alors souvent présentes et liées à un sentiment d’échec croissant. On peut constater aussi de la potomanie, c’est-à-dire un besoin irrépressible de boire des quantités énormes d’eau ou de thé avec des conséquences non négligeables pour la santé.
Si une prise en charge a lieu : Le début de la reprise de poids expose l’adolescente à des sentiments angoissants de perte de contrôle, d’intrusion, de désorganisation psychique. Des intolérances digestives accompagnent la modification de l’alimentation. Progressivement, avec le soutien psychologique et la reprise de poids, les craintes et les sensations pénibles s’atténuent. Plus l’adolescente prend du poids, moins elle a peur de grossir, plus elle peut affronter le miroir. Les règles, elles, sont plus longues à revenir.
Des rechutes sont possibles, une évolution vers la boulimie n’est pas rare. La mortalité globale est d’environ 4%. Pour parler de guérison, la mise en sens de l’anorexie est nécessaire
Plus vite l’anorexie est diagnostiquée, plus il y a de chance de la guérir : aucun médicament ne guérit l’anorexie, certains sont prescrits pour guérir d’autres symptômes (dépression, anxiété). La demande de soins de l’adolescente anorexique émerge, presque toujours des parents, la jeune fille étant dans le déni de ce trouble. Lors de la première consultation médicale il est nécessaire de poser le diagnostic d’anorexie mentale. On ne « tombe pas anorexique », cela ne guérit pas tout seul.
Il importe de s’engager dans un projet de soins. Il est fréquent que l’anorexique refuse l’hospitalisation. Quand l’anorexique est mineure, les parents doivent être les garants de la survie de leur enfant, avec l’aide des équipes de soins. Le projet d’hospitalisation est souvent fondé sur un contrat de poids. L’hospitalisation est alors conçue comme une expérience faisant se succéder deux étapes définies par :
L’anorexie mentale est une maladie liée à un état mental particulier. Ce qui se passe à l’intérieur de la personne est compliqué et fortement lié aux difficultés de l’adolescence. Il est inutile de culpabiliser et prendre rendez-vous avec des spécialistes est souvent la plus sage solution.
L’association AFAB (Association de Familles d’Anorexiques et Boulimique) à St Etienne propose :
Tél : 06 84 78 13 84