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J’entends pleurer la nuit

maltraitance William est ravi de déménager dans un nouvel appartement plus spacieux et plus moderne. Il ne se doute pas que ce sera pour subir plusieurs mois d’un véritable cauchemar ! En effet, au dessus de son appartement, vit Mme désirée avec ses deux enfants, Jessica, une fillette de 7 ans et Kévin, en quatrième dans le même collège que William. En fait, une famille très bruyante, jour et nuit, où les hurlements alternent avec des bruits de meubles déplacés, la télévision à fond…tellement de bruit que la vie est un cauchemar ! Une famille repliée sur elle-même et sur son malheur, et contre laquelle les parents de William sont impuissants. Il semble que tout le monde dans l’immeuble refuse de les écouter ! C’est la loi du silence qui domine, tout le monde ferme les yeux.

Pourtant, nuit après nuit, William entend pleurer la petite fille « A l’étage au-dessus, dans ce qui devait être la chambre d’enfant, quelqu’un -la petite fille ?- sanglotait… ça a duré au moins une heure ! Peut-on fabriquer des larmes une heure de suite, sans bouger, sans appeler, juste comme si la poitrine se vidait ? »

William ne comprend pas… ses parents ferment les yeux, les autres locataires aussi, ses amis au collège ne l’écoutent pas et l’évitent même. Finalement, il se décide à composer le 119. C’est un choix difficile pour lui, il ne sait plus : la petite est-elle maltraitée ? Elle pleure bien toutes les nuits, pourquoi ? Ne s’insinue-t-il pas dans la vie d’autrui, alors que ça ne le regarde pas ? Est-ce de la délation ( rapportage ) ?

Là encore, nous sommes dans un roman, et si l’enfant est victime de maltraitance, psychologique dans ce cas,William a réellement fait le bon geste. Ce n’est pas de la délation, c’est de l’assistance à personne en danger. Même en cas de suspicion ( doute ) il est important de signaler. Grâce à cet appel anonyme, la Protection de l’Enfance engage une enquête et agit si besoin, afin de protéger les enfants.

Dans ce roman, la maman souffre d’une maladie mentale. Ici, les enfants ne sont pas victimes de maltraitance physique, mais psychologique. Elle aime réellement ses enfants, mais ils sont effrayés par ses crises, ses chantages affectifs « c’est à cause de vous que je suis malheureuse. Un jour, je me suiciderai et ce sera votre faute ». Cette maltraitance, invisible, fait beaucoup de mal aux enfants et laisse des plaies durables, des angoisses dont on ne sort pas indemne.

William ne s’est pas « mêlé des affaires des autres », il a fait en sorte que des enfants soient protégés ( et leur maman soignée). Vous pouvez vous reporter à nos articles : Maltraitance, dire ou ne pas dire ; etQu’est ce que la maltraitance ?

A lire à partir de 13ans

J’entends pleurer la nuit, Brigitte Peskine, J’ai Lu, 2003 (à la médiathèque de Charlieu )

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