
L’objet des disputes varie selon l’âge des enfants. Petits, ils se chamaillent fréquemment à propos d’un objet, d’un jouet, d’un vêtement ou autre. Plus grands, les conflits concernent plus les notions de territoire, la chambre de chacun, la place dans le canapé, etc.
Très souvent les enfants se chamaillent pour attirer l’attention de leurs parents. D’ailleurs, quand les adultes s’absentent, les conflits retombent... Les enfants s’interrogent sur l’amour qui leur est porté. et c’est ailleurs difficile si l’un se sent lésé par rapport à l’autre, où que l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur perturbe le quotidien ou bien encore quand une famille se recompose.
Il s’agit de trouver un juste milieu en gardant une distance quand les enfants peuvent se débrouiller tout seul et intervenir quand la situation dure ou dégénère en mots ou en actes. La plupart du temps, comme c’est une réaction qu’attendent les enfants, si les parents se rendent compte des conflits et prennent le temps d’en parler avec eux, la situation s’améliore. Si le conflit s’installe entre deux membres de la fratrie en particulier et se prolonge dans le temps, il faut s’inquiéter et se faire aider.
Les chamailleries permettent aux frères et sœurs d’apprendre la communication, la négociation, le partage, le respect de l’autre et les règles. Les parents qui considèrent le conflit comme un drame absolu vont bien souvent réactiver les tensions. Ils ont tout intérêt à prendre du recul !
Chaque enfant possède sa propre personnalité, son caractère, ses goûts, ses qualités et ses défauts. Il est préférable d’adapter votre discours, votre comportement, vos règles et vos gestes à chacun d’entre eux. Passez du temps individuellement avec chacun pour construire une relation privilégiée mais aussi qu’ils aient l’occasion de se dévoiler, de parler, de s’affirmer autrement qu’au sein de la fratrie, qui parfois empêche d’être soi-même ou influence les comportements.
Il faut laisser la porte ouverte à vos enfants pour s’affirmer en tant qu’individu à travers des activités et des liens affectifs singuliers.
Les rapports frères-soeurs qu’ils peuvent développer constituent un bien précieux : l’apprentissage de la vie en communauté, de la solidarité, des plaisirs du partage....
Et vous êtes précisément la personne qui peut encourager cette harmonie et la solidifier. Cela passe par l’instauration de moments ensemble où chacun a sa place : lors d’un jeu collectif, autour de la table pendant les repas, lors de vacances en famille... Les "rituels" familiaux resserreront les liens : anniversaires, fêtes pour célébrer la réussite de l’un d’eux, albums photos etc. Les règles communes de la vie quotidienne constituent aussi une bonne base pour la complicité des enfants entre eux.
Un nouvel arrivant dans la famille peut bousculer le schéma en place. Chacun se repositionne et se voit, de fait, investi d’un nouveau rôle. Ce changement, s’il n’est pas bien assimilé, peut engendrer des malentendus et même des conflits durables entre les enfants. Prenez donc le temps d’expliquer l’événement, de rassurer vos enfants s’ils ont des inquiétudes particulières, de veiller à les soutenir s’ils se sentent "abandonnés" à ce moment de leur vie. Bref, pensez qu’avoir un nouvel enfant c’est aussi avoir un nouveau frère ou une nouvelle soeur.
Chaque famille possède sa propre configuration et vous ne pourrez pas l’empêcher. Mais pour autant, vous pouvez veiller à ne pas l’ériger en règle absolue ! Essayer de temps en temps d’échanger les rôles entre vos enfants, de les "déstigmatiser", cela les aidera à se définir autrement, à prendre la liberté d’être ce qu’ils sont sans qu’on leur impose une place inéchangeable.
La confiance : c’est la clé d’une fratrie sereine. Pour l’obtenir entre tous les membres de la famille, une seule règle d’or : parler. Le dialogue en tête à tête ou en tribu, quand ils le veulent mais aussi quand vous le voulez, dénoue la majorité des tensions. Les conflits mis à plat, les règles énoncées, l’amour réaffirmé mais aussi les angoisses rassurées, tout devient plus simple ! Grâce à la parole les émotions s’allègent ! Et pour que vos enfants aient l’habitude de s’exprimer, rien ne vaut une maman bavarde dès les premiers jours de bébé.